Pays de l'Union du Maghreb Arabe : la Corruption s'élève à 149,85 Milliards de Dollars
La corruption est le plus grand obstacle au développement économique et social dans le Grand Maghreb.
Elle est estimée au niveau des cinq pays de l'Union du Maghreb Arabe à : 149,85 Milliards de Dollars.
Mr TAMINE Abdellah – Directeur Général des Droits de l'Homme auprés de l'ONG Internationale "Forum International des Droits Universels et de l'Anti-Corruption" estime que la corruption prospère au Maghreb Arabe et demande la mise en application des lois anti-corruption.
L'assassinat de Tounsi et les liens possibles de son meurtrier avec des contrats occultes sur des pièces de rechange n'est pas le seul scandale de corruption qu'ait connu l'Algérie ces derniers temps.
Dans d'autres affaires de corruption en Algérie, plusieurs hauts responsables liés au projet d'autoroute Est-Ouest ont été emprisonnés pour s'être livrés à des pratiques frauduleuses avec les Chinois, un haut responsable du ministère de la Pêche a été reconnu coupable d'avoir orchestré des contrats commerciaux illicites avec des parties étrangères, et de hauts responsables d'Algérie Poste ont été condamnés à des peines de prison par suite de pratiques illicites.
Il y a aussi l'enquête menée pour corruption, fraude et conspiration sur le PDG et plusieurs hauts responsables de l'entreprise publique énergétique, la Sonatrach.
Pour certains spécialistes, ces affaires ne sont pas surprenantes.
Selon le dernier Baromètre de la corruption mondiale, quatre personnes sur dix en Afrique du Nord auraient versé des pots-de-vin au cours des douze derniers mois.
Interrogées sur les secteurs ou les institutions qu'elles jugent les plus corrompus, les personnes interrogées citent le plus fréquemment la fonction publique.
En Tunisie, la communauté juridique fait également pression pour mettre un terme à ces pratiques.
En mars dernier, des dizaines de juristes et de responsables politiques tunisiens ont signé une "pétition nationale contre la corruption" pour mettre en garde contre "le phénomène croissant de la corruption" et l'absence de transparence dans les transactions publiques.
Pour un militant tunisien, une solution doit être trouvée à la source.
En l'absence de transparence, le coût de la corruption sera colossal pour l'économie nationale.
Il aura également un impact négatif sur le développement, et ce sont les classes vulnérables qui en paieront le prix.
Les pays du Maghreb ont tous obtenu une note inférieure à 5 sur une échelle de 10.
Mr TAMINE Abdellah Lutteur contre la corruption, explique : Il convient de faire la différence entre deux types de corruption : l'une est à petite échelle, et concerne certains employés qui demandent quelque chose en échange de leur travail, tandis que l'autre est à grande échelle, et se produit lorsque les grandes agences de l'Etat sont impliquées à haut niveau dans l'organisation de transactions importantes en-dehors du cadre de la loi.
Au Maroc, la corruption pénètre de nombreux niveaux de l'administration locale et nationale.
Mais des efforts ont été faits ces dernières années, notamment la création d'une agence nationale anticorruption, et les efforts de la société civile dans le domaine de la sensibilisation au phénomène.
De nombreux facteurs favorisent la propagation de la corruption, notamment la pauvreté, l'illétrisme et les hyper-contraintes.
D'autres facteurs sont le manque de redevabilité des agences, un secteur public hypertrophié et l'hyper-centralisation.
Ce sont les citoyens qui souffrent le plus de la corruption.
Ceux qui paient la taxe de la corruption sont les citoyens, qu'ils soient fournisseurs ou consommateurs, parce qu'ils reçoivent des services de moindre qualité, car ces services sont rendus dans le cadre de la corruption.
De plus, ils sont contraints de recourir aux pots-de-vin dans leurs relations avec l'administration."
Mr TAMINE Abdellah, reconnaît que les citoyens sont les premières victimes du phénomène, et explique que le phénomène de la corruption tue tout espoir de progrès et de prospérité.
Le Maroc a certes ratifié la Convention anticorruption des Nations unies, mais il n'a pas mis en place des mécanismes stricts pour déraciner le phénomène.
Il doit commencer par appliquer les lois sur la déclaration de patrimoine, par limiter les privilèges judiciaires, le trafic et le blanchiment d'argent.
Mr TAMIN estime que beaucoup reste à faire pour éradiquer la corruption de la société.
Un effort conjoint de tous les acteurs de la société est nécessaire, parce que le problème ne sera pas éradiqué du jour au lendemain ; il faudra des années de travail.
Les ministres ont également demandé la création d'un code d'éthique qui s'applique à l'ensemble des fonctionnaires, et qui informe les élèves sur les dangers de bureaucraties corrompues.
En Mauritanie, la passation de marchés publics est un secteur de l'activité gouvernementale considéré comme susceptible d'être corrompu, parce qu'il touche à une grande partie des ressources publiques.
La corruption lors des passations de marchés touchant les dépenses de l'Etat dans tous les secteurs, les conséquences peuvent être importantes.
L'une des principales difficultés dans la détection de la corruption dans ce secteur est le fait qu'elle peut s'implanter à de nombreux niveaux : l'identification et la conception de projets, les annonces, la préqualification, la soumission des appels d'offres et le suivi des contrats retenus.
La corruption est également présente dans le secteur judiciaire, où les fichiers sont souvent traités "sous la table".
La corruption est très répandue en termes d'accès sélectif à la justice, de traitement des matériels, de vitesse de traitement des cas individuels et de coûts cachés.
Elle n'est pas prête de disparaître, parce que "le système est fortement enraciné".
En Mauritanie, la lutte contre les crimes financiers, la corruption et les autres atteintes aux biens publics fait partie des principales préoccupations des plus hautes autorités de l'Etat.
La Mauritanie a déjà adopté un Code d'éthique de la fonction publique et une loi sur le statut de la fortune des hauts responsables de l'Etat.
Elle a également signé l'accord de l'Union africaine sur la lutte contre la corruption, et a ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption en octobre 2006.
Il y a trois mois, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a appelé les responsables des institutions publiques à lutter contre la mauvaise gestion des fonds publics.
Le chef d'Etat mauritanien leur a demandé de mettre un terme à la dérive morale de la corruption qui gangrène la société mauritanienne.
En Libye, l'Autorité populaire de contrôle et d'inspection (qui est une agence gouvernementale) a indiqué que des charges avaient été retenues contre 1 498 personnes accusées de pratiques corruptives.
Les irrégularités financières sont les principales irrégularités, avec 135 affaires retenues contre 784 accusés qui ont été déférés devant des instances disciplinaires
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